
Inde du Sud (Kerala), XVIIe siècle
KATHAKALI
Le théâtre dansé du Kerala
Le Kathakali est une forme spectaculaire de théâtre dansé originaire du Kerala, dans le sud-ouest de l'Inde. Né au XVIIe siècle sous l'influence des temples et des cours royales, il mêle danse, musique, chant, maquillage et expression dramatique pour raconter des épisodes des grandes épopées hindoues, le Ramayana et le Mahabharata. Le nom signifie littéralement « l'art de la narration » (katha) et « le jeu » (kali).
Contrairement au Bharata Natyam, plus géométrique et intérieur, le Kathakali est extérieur, puissant et hautement théâtral. Les artistes portent des costumes somptueux, des coiffes impressionnantes et un maquillage facial très élaboré (chutti), qui transforme le visage en masque. Les couleurs du maquillage indiquent le caractère : le vert pour les héros nobles, le rouge pour les méchants, le noir pour les démons, le jaune pour les ascètes.
La technique du Kathakali repose sur un travail intense de l'expression faciale, des mudras (gestes des mains) et du corps. Les danseurs ne parlent pas : ils racontent entièrement par les yeux, les sourcils, les joues, les mains et les mouvements. La formation est longue et rigoureuse, incluant des exercices d'arts martiaux du Kerala (Kalaripayattu) pour développer force, souplesse et contrôle.
Comment ça se danse
La technique & les figures
Le Kathakali est une performance collective où les danseurs miment, dansent et expriment les récits épiques, tandis que des chanteurs racontent l'histoire et des musiciens jouent. Le danseur principal utilise des mudras, des expressions faciales extrêmement précises et des positions de corps stylisées pour incarner un personnage. Le corps est souvent penché en avant, les jambes écartées, les bras en lignes géométriques.
Les styles et les fondamentaux
La technique fondamentale inclut le contrôle total du visage (sourcils, paupières, joues, mâchoire), le langage des mudras (hasta), des positions de jambes larges et basses, et des mouvements de bras amples. Les danseurs s'entraînent quotidiennement à des exercices de Kalaripayattu pour acquérir la force, la souplesse et la concentration nécessaires. Le regard est central : il guide le spectateur à travers l'émotion et l'action.
Figures principales
- 01
Mudras
Vocabulaire codifié des gestes de mains qui expriment des mots, des idées et des émotions. Le Kathakali utilise un système spécifique de 24 mudras de base.
- 02
Navarasas (expressions faciales)
Les neuf émotions fondamentales (amour, colère, compassion, courage, dégoût, peur, joie, étonnement, paix) exprimées par les yeux, les sourcils et les muscles du visage.
- 03
Mouvements de Kalari
Exercices issus des arts martiaux du Kerala (Kalaripayattu) pour développer l'équilibre, la souplesse et la force des positions de combat du danseur.
- 04
Pas de base
Pas glissés et positions basses où le danseur avance latéralement ou en diagonale avec une grande amplitude de bras et une posture de personnage.
- 05
Positions de bras
Lignes de bras précises et stylisées, souvent à hauteur d'épaule, qui encadrent le personnage et accentuent les mudras.
- 06
Tours et sauts
Mouvements acrobatiques et rotations qui ponctuent les moments de combat ou d'extase dans le récit. Exige une grande maîtrise physique.
Lire la musique
L'accompagnement musical du Kathakali est assuré par des chanteurs (ponnani) qui racontent l'histoire et des musiciens jouant du chenda (tambour puissant), du maddalam (tambour à deux faces), du chengila (cloche) et de l'ilathalam (cymbales). Le rythme marque les actions et les émotions du personnage.
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