
Inde du Sud (Tamil Nadu), tradition millénaire
BHARATA NATYAM
La danse sacrée du Tamil Nadu
Le Bharata Natyam est l'une des huit danses classiques indiennes officiellement reconnues, originaire du Tamil Nadu, dans le sud de l'Inde. Ses origines remontent au Natya Shastra, un traité sanskrit sur les arts de la scène attribué à Bharata Muni, vieux de plus de 2000 ans. Autrefois pratiquée par les devadasis, danseuses consacrées aux temples, la danse était à la fois offrande et narration des mythes hindous.
Après une période de déclin et de stigmatisation sous l'ère coloniale, le Bharata Natyam a connu un renouveau spectaculaire au XXe siècle grâce à des artistes comme Rukmini Devi Arundale, qui l'a réformée et ouverte au public mondial, tout en préservant sa rigueur technique. Aujourd'hui, c'est une discipline exigeante, pratiquée dans le monde entier, qui combine précision géométrique, expression dramatique et spiritualité.
Sur scène, le Bharata Natyam alterne entre le nritta (danse pure, technique) et le nritya (danse expressive, narrative). Le danseur utilise des mudras (gestes des mains codifiés), des expressions faciales (abhinaya), des frappes de pieds rythmiques et des positions de corps sculpturales. L'ensemble forme un langage visuel extrêmement sophistiqué, capable de raconter des épisodes entiers des épopées indiennes.
Comment ça se danse
La technique & les figures
Le Bharata Natyam se danse sur des cycles rythmiques (tala) complexes, le plus souvent en 8 temps (adi tala) ou en 16 temps. Le danseur porte des clochettes (ghungroo) aux chevilles et utilise des adavu, des unités de pas rythmiques de base, qu'il combine en phrases (jathi). La technique est à la fois rigide et fluide, avec des positions précises et des transitions souples.
Les styles et les fondamentaux
La posture fondamentale est l'aramandi ou araimandi : demi-plié avec les hanches ouvertes en dehors et les pieds tournés, comparable à la position de la danse classique mais avec une ouverture plus marquée. Les bras, le buste et la tête sont alignés dans des lignes géométriques. Le travail des mudras (hasta) est essentiel : chaque position des mains porte un sens précis. L'abhinaya (expression du visage) raconte les émotions et les histoires.
Figures principales
- 01
Araimandi
Posture de base en demi-plié avec les hanches ouvertes en dehors. C'est la position fondatrice de tout le Bharata Natyam.
- 02
Adavu
Unités de pas rythmiques de base. Il existe de nombreux adavu (tattadavu, natadavu, teermanam adavu, etc.) qui forment le vocabulaire technique.
- 03
Mudras (hasta)
Langage codifié des mains. Les mudras (comme le pataka, le tripataka, le ardhachandra) portent des sens narratifs et symboliques.
- 04
Abhinaya
Expression dramatique du visage et des yeux qui traduit les émotions (navarasas) et les récits mythologiques.
- 05
Chakkar
Tours rapides sur soi-même, souvent enchaînés en spirale. La tête et les bras restent parfaitement alignés pendant la rotation.
- 06
Alarippu
Première composition traditionnelle d'un récital, offerte à la divinité. Elle combine adavu, mudras et rythme dans une forme courte et pure.
Lire la musique
La musique du Bharata Natyam est traditionnellement assurée par un ensemble de carnatique (musique classique du Sud de l'Inde) : voix, veena (luth), mridangam (tambour), violin, flute et cymbales. Le mridangam tient le tala, le cycle rythmique, et dialogue avec les ghungroo du danseur.
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