Hip-hop

Bronx, New York, années 1970

HIP-HOP

La rue en mouvement

Le Hip-hop naît dans le Bronx new-yorkais au début des années 1970, dans les block parties animées par le DJ Kool Herc. Face à la désindustrialisation, à la pauvreté et à la violence des gangs, une jeunesse afro-américaine et latino invente une culture entière autour de quatre piliers — le DJing, le MCing (rap), le graffiti et la danse — sous l'égide d'Afrika Bambaataa et de sa Zulu Nation. La danse est alors la « B-boying » : les danseurs profitent des « breaks », ces pauses instrumentales que les DJs mettent en boucle, pour se déchaîner au sol.

Mais le Hip-hop n'est pas un style de danse : c'est une culture qui abrite plusieurs disciplines aux généalogies distinctes. Le Breaking (Bronx) est d'abord une danse debout (toprock) avant de descendre au sol (footwork, powermoves, freeze). Le Popping (Californie, Fresno) travaille la contraction musculaire brutale (« hit »). Le Locking (Los Angeles) enchaîne des blocages nets sur des musiques funk. Le House (Chicago, New York) fait danser tout le corps sur des rythmes 4/4 rapides. À ces styles fondateurs s'ajoutent le Krump, le Waacking, le Voguing, la Litefeet, le Dancehall importé de Jamaïque…

Ce que l'on appelle aujourd'hui « Hip-hop freestyle » ou « New Style » est né dans les années 1990 dans les clips MTV : un langage hybride qui puise dans tous ces styles, ajoute des influences jazz-funk et se danse debout, avec du « bounce », des grooves et des textures. Sur les scènes de battles — 2on2, 7 to Smoke, cypher — la culture continue de s'écrire, dans une tension permanente entre respect des racines (« knowledge of the culture ») et innovation individuelle.

Comment ça se danse

La technique & les figures

Le Hip-hop se danse debout, ancré dans le sol, avec un « bounce » (rebond) permanent qui traverse tout le corps. Ce bounce est la signature de la culture : sans lui, on danse « sur » la musique et non « dedans ». Le vocabulaire de base combine grooves (mouvements de bassin et d'épaules), party dances (pas hérités du disco et du funk) et fondations techniques (isolations, rythmes, textures). Le danseur travaille son musicalité (capacité à interpréter chaque couche de la musique) et son « swag » (identité personnelle).

Les styles et les fondamentaux

Le Hip-hop se pratique aujourd'hui autour de trois axes principaux. Le Old School (années 1970-80) rassemble les pas fondateurs : Running Man, Roger Rabbit, Cabbage Patch, Wop, Steve Martin, popularisés par les émissions Soul Train. Le New School / Freestyle (1990 à aujourd'hui) intègre grooves, textures et bounces sur les hits du moment. Enfin les Foundations rassemblent les styles-frères qui nourrissent le vocabulaire : Breaking (Bronx), Popping (Californie), Locking (Los Angeles), House (Chicago). Un bon danseur hip-hop connaît ses fondations et sait citer, dans un freestyle, l'école dont il tire un pas.

Figures principales

  • 01

    Bounce (Groove)

    Le rebond permanent, up ou down, sur le beat. « Down » : le corps s'enfonce sur chaque temps. « Up » : il remonte. C'est la respiration de base de tout freestyle hip-hop.

  • 02

    Running Man

    Créé par MC Hammer. On simule une course sur place : un pied avance en glissant tandis que l'autre recule. Signature du New Jack Swing.

  • 03

    Toprock

    Le vocabulaire debout du Breaking, exécuté avant de descendre au sol. Il puise dans la salsa portoricaine, l'uprock et le charleston.

  • 04

    Six-step (footwork)

    La séquence de base au sol en Breaking : six appuis mains-pieds décrivant un cercle. C'est la porte d'entrée de tout le vocabulaire au sol.

  • 05

    Freeze

    Blocage soudain dans une position acrobatique (baby freeze, chair freeze, air freeze). Il clôt une phrase de sol et sert de point d'exclamation.

  • 06

    Hit (Popping)

    Contraction brutale et brève d'un muscle (biceps, poitrine, jambe) sur un accent musical. C'est la brique fondatrice du Popping.

  • 07

    Lock

    Blocage net en Locking : arrêt total du mouvement sur une pose théâtrale (points de doigt, wrist rolls, uncles). Danse joueuse, très expressive, née dans les clubs de Los Angeles.

  • 08

    Cypher

    Ce n'est pas un pas mais un format : les danseurs forment un cercle et entrent l'un après l'autre pour un freestyle. C'est le cœur social de la culture.

Lire la musique

Le Hip-hop se nourrit du funk, de la soul et du breakbeat. Les DJs comme Kool Herc, Grandmaster Flash ou Afrika Bambaataa ont bâti la culture en isolant les « breaks » (James Brown, The Incredible Bongo Band). Aujourd'hui, on danse aussi bien sur du boom-bap 90's que sur de la trap. Reconnaître le tempo (BPM), la structure du beat (kick sur 1 et 3, snare sur 2 et 4) et les textures secondaires (hi-hats, samples) est essentiel pour être musical.

Le saviez-vous ?

Les battles

01

Les battles de danse hip-hop sont des duels pacifiques où les danseurs s'affrontent avec créativité plutôt qu'avec violence.

Le break

02

Le Breakdance tire son nom des 'breaks', les pauses instrumentales des morceaux de funk et de soul que les DJ faisaient tourner en boucle.

Explorer les rythmes

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